• BATTRE

    Vous avez aimé la "bravitude" de Ségolène Royal ? Alors vous devriez adorer cette phrase prononcée par Nicolas Sarkozy à l'occasion de la commémoration de l'appel du 18 juin :

    "Quelles qu'avaient pu être avant la guerre leurs opinions, ils se batturent tous au fond pour la même idée de la liberté, la même idée de la civilisation".

    Cette intervention remarquée va nous servir de prétexte pour évoquer ce verbe mystérieux, à l'étymologie obscure qui se perd dans les méandres...

    Battre est issu du latin impérial battere. On le retrouve dans des textes très anciens comme chez Plaute (254-184 av J-C), sous la forme battuere au sens "frapper quelqu'un". Toutefois, ce verbe sera peu employé jusqu'au 6ème siècle, si ce n'est dans quelques acceptions techniques : battre le blé, le métal... Aujourd'hui on l'emploie au sens figuré dans de multiples expressions. Songez donc que l'on peut battre (ou se battre), pêle-mêle : la chamade, sa coulpe, monnaie, le pavé, des oeufs, des cartes, le rappel, les oreilles, en retraite, pavillon, l'oeil, son plein, le fer, le briquet, la mesure, les buissons, le linge et j'en passe... 

    Parmi les mots composés à partir du verbe battre : BATTAGE, BATTEUR (euse), BATTABLE, BATTAGE, BATTANT(E), BATTANCE (dégradation du sol sur lequel se forme une croûte, sous l'influence de la pluie), BATTÉE (surface où bat une porte qui se referme), BATTERIE, BATTEMENT, BATTOIR (palette de bois des lavandières), BATTURE (au Québec, partie du rivage découverte à marée basse), ou encore BATTITURE (parcelle de métal produite par le travail du fer). Sans parler des mots construits sur les verbes dérivés comme abattre, débattre, combattre, ébattre, rabattre, rebattre ou embattre. Ce dernier, qui peut également s'orthographier embatre (avec un seul T) signifie "cercler (une roue) à chaud". D'autres mots dérivés peuvent également prendre un ou deux T : ABAT(T)ANT (n.m., partie mobile d'un meuble), ABAT(T)ÉE (mouvement d'un navire qui change de route), ou ABAT(T)AGE. On peut aussi évoquer ABATIS (n.m. québécisme désignant un terrain partiellement dessouché), à rapprocher de ABATTIS (dans le sens de "coupe dans une forêt").


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